Les anarchistes libéraux (ou anarcho-capitalistes dans le jargon barbare maison) pensent que l'on peut se passer complètement de l'Etat, que la justice, la police, les routes, etc... peuvent et doivent être privatisées. Pourquoi pas.
Si je défends pour ma part un libéralisme assez radical, je ne vais cependant pas jusque là. Je suis pour un Etat minimum qui s'occupe de protéger les droits de chacun (police, justice, armée, diplomatie donc) et de gérer ce qui ne peut pas l'être (selon moi) par le secteur privé concurrentiel (les réseaux routiers, d'égouts, etc...).
Et dans ce débat (peut-on se passer complètement de l'Etat donc), il y a me semble t-il un argument de poids qui montre que, contrairement à ce que disent les anarchistes libéraux, tout n'est pas privatisable, qu'un Etat est parfois malheureusement nécessaire, voire même indispensable : ce sont les syndicats de copropriété.
En effet, toutes les copropriétés ont des parties communes à gérer (couloirs, escaliers, ascenceurs). Et que font-elles pour gérer ces parties communes ? Est-ce qu'elles les "privatisent", les vendent à un particulier qui en assurera la gestion et fera payer un droit de passage (qu'il fixera selon son bon vouloir) aux propriétaires des appartements attenants comme le préconisent les anarchistes libéraux ?
Non, ça ne s'est jamais vu (Autant que je sache du moins. Si vous avez connaissance d'une telle expérience, les commentaires sont là pour ça). Systématiquement, les copropriétés se dotent d'un "Etat" (un syndicat de copropriété) pour gérer ces parties communes.
Que tant d'individus parfaitement libres aient depuis toujours choisi et continuent de choisir de s'en remettre à un "Etat" pour gérer les parties communes de leur bien immobilier plutôt que des les privatiser n'est-il pas un argument de poids qui permet de dire que les anarchistes libéraux se trompent, qu'un Etat est parfois malheureusement nécessaire, voire même indispensable ?
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